Aden de la renommée internationale à la marginalisation

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Aden de la renommée internationale à la marginalisation

Massaood Amshoosh, Aden

Depuis l’antiquité Aden a acquis une grande renommée internationale, les gens y venaient de différents coins de monde. Au début des années cinquante du vingtième siècle Aden est devenu le premier port au Moyen-Orient. Après l’indépendance du Sud-Yémen de la Grande Bretagne en 1967, la ville est devenue une capitale politique, et des ambassades de la plupart des pays s’y sont installées. Mais avec la création de l’Etat de l’unité entre les deux parties du Yémen en 1990, Aden a perdu son identité en tant que capitale, et les ambassades étrangères sont parties.

Et malgré sa désignation capitale économique du nouvel Etat Aden n’a pu échapper à un destin Noir, et toutes ses infrastructures ont été délibérément et systématiquement détruites, et le port de Hodeïda est devenu le port le plus actif, et après avoir été concentré tous les vols internationaux à Sanaa le trafic à l’aéroport d’Aden fut arrêté. le large secteur public d’Aden et de diverses villes du sud a été privatisé sauvagement, les différentes branches du secteur des services dans la ville, y compris l’éducation, la santé, l’électricité, l’eau et l’enseignement supérieur ont été complétement négligées ; dès la création de l’unité jusqu’aujourd’hui il n’a été créé aucun bureau du ministère de l’Enseignement supérieur, et tout étudiant ou enseignant doivent (monter) à Sana’a pour y faire signer le plus simple document. La même démarche doit être faite dans tous les autres domaines de la vie.

En fait, il a été mis en œuvre un plan prémédité pour marginaliser Aden aux niveaux local, régional et international. Les organisations internationales et les institutions étrangères furent vite convaincues de passer à Sana’a, y compris les centres culturels, comme le vieux British Council d’Aden, et le Centre Culturel Français, dont la grande bibliothèque et les meubles furent transférés à la capitale Sana’a. Le Centre culturel égyptien fut lui aussi fermé. Et cela n’a manqué d’entraîner de grands dommages aux habitants d’Aden, qui sont devenus privés de la communication directe avec le monde extérieur, et donc les chances de bourses scolaires, et de subventions qui dorénavant sont devenues l’objet de négociation étroites faites à Sanaa.

Si la guerre de 1994 a infligé des dégâts considérables aux infrastructures et services d’Aden, ces infrastructures et ces services sont vite devenus très faibles en raison de la négligence, et en raison de la récente guerre ils sont venus totalement paralysés. Et il ne fait aucun doute que cette procédure, visant à rendre difficile ou même impossible la vie de non seulement la population locale mais aussi des étrangers, des ambassadeurs ou des employés d’organisations internationales à Aden, fut délibérée et planifiée à l’avance.

Lorsque les Forces de résistance et de la Coalition Arabe ont pu évacuer Aden de la Garde Républicaine de l’ex-président (déchu) et de la milice Houthis d’Aden en Juillet 2015, les moyens de la vie à Aden étaient extrêmement difficiles. Et si les habitants d’Aden ont fait des efforts considérables en vue d’accélérer la normalisation de la vie dans leur ville, le président déchu et  les Houthis, craignant le retour du gouvernement et le président  Hadi, puis les ambassades et les organisations internationales, n’ont rien épargné pour faire obstacle à cette normalisation de la vie d’Aden, et, grâce à leurs agents et leurs cellules à Aden, ils ont réussi à faire commettre de nombreux assassinats et attentats, qui sont généralement mis au dos de Da’ésh et Al-Qaïda. Cependant, aujourd’hui, bien que le gouverneur d’Aden Aidroos Zubaidi et le directeur de la sécurité aient réussi à neutraliser la plupart de ces éléments et à réduire considérablement l’état de chaos dans la ville, ce qui a permis au gouvernement de revenir (définitivement ?), il est clair que la situation de sécurité demeure toujours décourageante pour le retour des ambassades et des organisations internationales à Aden. La crainte des Occidentaux de la situation à Aden est toujours assez forte, et aucun diplomate occidental n’a encore visité la ville. Il est également clair que les cellules d’Ali Abdullah Saleh cherchent toujours à perpétuer l’état de chaos et d’instabilité à Aden, afin de continuer à la marginaliser le plus longtemps possible.

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